Les effets du jeûne sur le cerveau : je vous dis TOUT !

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Bien qu’elle fasse de plus en plus parler d’elle aujourd’hui, la pratique alimentaire du jeûne intermittent n’est pas nouvelle. Déjà, à l’époque des chasseurs cueilleurs, il s’agissait d’une méthode de guérison lorsqu’un homme était blessé ou malade. Dans la vie de tous les jours, les animaux utilisent ce système de purification de façon annuelle ou exceptionnelle en cas de maladie. Mais pourquoi est-ce que cette technique est aussi bénéfique pour notre organisme ? Dans cet article, je vous propose de découvrir les secrets de la restriction calorique sur notre santé et plus particulièrement les effets du jeûne sur le cerveau !

Qu’est-ce que le jeûne intermittent ?

Aussi appelé « fasting« , il s’agit de réduire ses apports en nourriture pendant une période déterminée en alternant restriction complète et repas. Il en existe plusieurs formats comme le 16/8 (qui consiste à stopper toute nutrition pendant 16h et pouvoir manger un repas pendant les 8h restant), le 18/6, le 5/2 (sur une semaine, il y a des jeûnes de 5 jours et une reprise d’alimentation pendant 2 jours) ou encore le OMAD (Des repas un jour sur deux).

L’étude du jeûne intermittent remonte à plusieurs années. Déjà à l’époque, de nombreux auteurs réalisaient des expériences sur les réels bénéfices du jeûne sur notre santé. Ce fut notamment le cas de Upton Sinclair qui publia en 1911, une étude effectuée avec près de 250 personnes dont l’état s’est majoritairement amélioré après quelques semaines de jeûne.

Les effets physiques du jeûne intermittent sont :

  • Réduction de l’inflammation et du stress oxydatif dans les systèmes organiques
  • Changement du métabolisme énergétique (il va brûler les graisses et produire des corps cétoniques lorsque les réserves de glycogène seront épuisées)
  • Prévention et guérison du diabète de type 2
  • Réduction des risques de pathologies cardiovasculaires
  • Diminution la pression artérielle
  • Amélioration des ressentis de la chimiothérapie et diminution des risques de cancer
  • Perte de poids

Dans l’ensemble, il est avéré que la pratique de la restriction calorique avait de réels impacts positifs sur notre santé physique. Mais qu’en est-il de notre santé psychique ?

Les effets du jeûne sur le cerveau : il améliore l’humeur !

deux femmes de bonne humeur grâce au jeûne intermittent

Bien que de nombreux scientifiques mettent en évidence que le fait de pratiquer un jeûne intermittent améliore la sensation de légèreté en réussissant ses objectifs, il est évident qu’il existe en plus des bienfaits psychiques pour cette méthode alimentaire.

La première chose à savoir, c’est que le jeûne produit, comme le sport, des protéines qui sont appelés des facteurs neurotrophiques. Il y a notamment le BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor) et le FGF (Fibroblast Growth Factor). Ce qui est intéressant, c’est que le BDNF produit également de la sérotonine qui est l’hormone du bonheur.

Les bienfaits de cette protéine ont notamment été prouvés par le biais de nombreuses études dont celle-ci (1). Mais ce n’est pas tout. Il s’avère que d’autres hormones (2) sont libérées grâce au système de restriction alimentaire. Après la sérotonine, il y a aussi des opioïdes endogènes (libérant l’endorphine) et des endocannabinoïdes qui sont produites. L’endorphine libère une sensation de bien-être et le second permet de maintenir l’équilibre de notre corps. Ces derniers sont notamment des dérivés d’acides gras et peuvent mener à l’obésité (3) lorsqu’ils sont concentrés en trop grosse quantité dans les tissus adipeux.

Dans l’ensemble, chacun de ces éléments sont impliqués dans le maintien de l’équilibre énergétique et donc de l’humeur chez une personne pratiquant le jeûne intermittent.

Les effets du jeûne sur le cerveau : il empêche la neurodégénérescence

Ne dit-on pas souvent que le système digestif est notre « deuxième cerveau » ? L’axe intestin-cerveau est un terme souvent utilisé pour expliquer le lien entre le système nerveux central et digestif. Lorsque l’estomac reçoit moins d’aliments, il n’est plus en surmenage. Il va donc transmettre des messages positifs à votre cerveau. Encore une fois, c’est une sensation d’apaisement total que l’on ressent.

les effets du jeûne intermittent sur le cerveau

Ce surmenage est ce qui apporte du stress oxydatif à votre cerveau. Le problème, c’est que ce stress nutritionnel peut empêcher ce qui est appelé l’autophagie (4) de se produire. Lorsque nous consommons des nutriments, nous absorbons certaines « protéines non fonctionnelles potentiellement toxiques ». Pour réaliser la dégradation de celles-ci et ainsi favoriser le renouvellement des composants cellulaires, l’autophagie est essentielle.

Beaucoup d’études (5) mettent en évidence le rôle de ce mécanisme. À un niveau trop bas, elle peut ainsi conduire à des tumeurs malignes. Dans d’autres cas, si les cellules ne parviennent pas à se recycler assez rapidement, il peut y avoir des maladies neurodégénératives.

C’est notamment la raison pour laquelle un taux trop important d’insuline ou de glucose implique une fatigue mentale.

Ainsi, lorsque nous n’apportons plus de stress oxydant à notre cerveau, ses cellules vont donc pouvoir retrouver leur capacité régénératrice. Notre système nerveux, lui, va pouvoir conserver toutes ses fonctionnalités pendant longtemps puisque le vieillissement des cellules est retardé.

Le jeûne améliore les capacités cérébrales

Il est déjà connu que le fait de jeûner permet d’améliorer les ressentis négatifs lors de la guérison par chimiothérapie d’un cancer. Mais qu’en est-il des pathologies liées au cerveau ?

Comme l’explique Mark Mattson dans une conférence, le fait de jeûner apporte un stress énergétique léger à votre organisme.

Je vous l’expliquais un peu plus haut, le jeûne intermittent permet de favoriser les niveaux du Facteur Neurotrophique Dérivé du Cerveau (BDNF). Les protéines qui sont produites vont donc s’adapter à ce stress et permettre aux mitochondries de se développer dans les systèmes nerveux.

Elles vont donc favoriser la production de nouveaux neurones dans l’hippocampe dont la connexion va être favorisée. Il va y avoir un renforcement des synapses également dans le cortex entorhinal (qui est responsable de la mémoire notamment).

Effets du jeûne sur le cerveau : Il permet de lutter contre des maladies

docteur et sa patiente atteinte de la maladie d'alzheimer

Les principales parties du cerveau qui sont sollicitées sont donc celles qui permettent à la mémoire, à l’apprentissage et à nos fonctions cognitives de se développer. Cela signifie qu’une hausse de BDNF empêche le déclin de nos capacités cérébrales et motrices.

Mais cela va encore plus loin. Un étude (6) menée sur des souris montre qu’avec un taux faible de ces protéines, il y a plus de risques de développer la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Parkinson. En résultat, « les animaux traités ont démontré une amélioration significative des performances d’une variété de tests d’apprentissage et de mémoire » par rapport aux patients non traités avec le BDNF.

C’est notamment parce qu’il agit sur la zone de l’hippocampe traitant la mémoire à court terme et qui est généralement visée par la maladie d’Alzheimer. Avec une alimentation restreinte, il est donc possible de prévenir une dysfonction motrice, une perte de mémoire ou une démence dues à une dégénération des neurones.

Le jeûne apporte plus d’énergie !

Lorsque vous entrez dans une période de restriction alimentaire, votre organisme ne reçoit plus de glucose. Le foie va donc aller puiser dans ses graisses afin d’apporter de l’énergie à votre corps. Une fois les réserves épuisées, il va alors produire des corps cétoniques ainsi que des mitochondries. Elles seront alors deux nouvelles sources de carburant pour votre métabolisme pendant votre jeûne.

Les cétones ont un effet très puissant sur l’organisme. Tout d’abord, il faut savoir que selon des chercheurs de l’université Stony Brook à New York (7), « Les cétones fournissent plus d’énergie aux cellules que le glucose, à apport calorique équivalent ».

Les cétones sont donc bonnes pour les neurones car elles leur fournissent du carburant. Cela permet donc au cerveau de mieux poursuivre son activité et dans de meilleures conditions. C’est notamment grâce à eux qu’il y a un vieillissement retardé de votre métabolisme général. « Cette énergie supplémentaire permet de stabiliser les réseaux cérébraux« .

De plus, la création des corps cétoniques permet de réduire les crises pour les personnes atteintes d’épilepsie.

Effets du jeûne sur le cerveau : Un corps sain dans un esprit sain

femme ayant un esprit sain dans un corps sain

Lorsque nous avons de trop grosses quantités alimentaires, notre corps est en travail constant. La digestion demande beaucoup d’énergie et sollicite beaucoup d’organes (foie, reins, intestins, etc). Votre cerveau perd donc beaucoup de ses capacités et est plus à risque de s’affaiblir.

Comme nous l’avons vu, avoir une nutrition restreinte dans notre vie quotidienne permet de réduire la tension artérielle. Mais il faut savoir que l’on retire également tout ce qui peut mettre notre organisme dans un état de stress. C’est notamment le cas d’une mauvaise alimentation (trop de sucre ou de gras) et d’addictifs (le café ou l’alcool).

De cette façon, les jeûnes vont agir sur notre corps mais aussi indirectement sur notre cerveau. Grâce à la régulation de la pression artérielle et la production d’hormones de plaisir, cette pratique va donc avoir un effet anxiolytique (8) et antidépresseur sur votre métabolisme.

Comme pour toute pratique, l’arrêt de nourriture ne doit pas être pris à la légère. Dans certains cas, le jeûne peut provoquer des maux de tête, de la fatigue ou un sommeil agité. Je vous conseille donc d’habituer votre métabolisme à ne plus manger petit à petit et de vous assurer qu’il parvient à s’auto-réguler avant d’aller plus loin. Je vous invite à suivre mon programme ou lire mon livre gratuit pour être sûr de vous lancer dans le jeûne intermittent dans les meilleures conditions possibles.

Sources :

(1) Mattson MP, Wan R. Beneficial effects of intermittent fasting and caloric restriction on the cardiovascular and cerebrovascular systems. J Nutr Biochem. 2005 Mar;16(3):129-37. doi: 10.1016/j.jnutbio.2004.12.007. PMID: 15741046.

(2) Michalsen A. Prolonged fasting as a method of mood enhancement in chronic pain syndromes: a review of clinical evidence and mechanisms. Curr Pain Headache Rep. 2010 Apr;14(2):80-7.

(3) Pataky, Z., Bobbioni-Harsch, E., Carpentier, A., Golay, A. (2013). ‘Le système endocannabinoïde dans l’obésité’, Rev Med Suisse 2013; volume -1. no. 379, 653 – 657

(4) Komatsu, M., Ueno, T., Waguri, S. et al. Autophagie constitutive : rôle vital dans la clairance des protéines défavorables dans les neurones. La mort cellulaire diffère 14, 887-894 (2007). 

(5) Masaaki Komatsu, Satoshi Waguri, Takashi Ueno, Junichi Iwata, Shigeo Murata, Isei Tanida, Junji Ezaki, Noboru Mizushima, Yoshinori Ohsumi, Yasuo Uchiyama, Eiki Kominami, Keiji Tanaka, Tomoki Chiba ; Altération de l’ autophagie induite par la famine et constitutive chez les souris déficientes en Atg7. J Cell Biol 9 mai 2005; 169 (3) : 425-434. doi : https://doi.org/10.1083/jcb.200412022

(6) https://medicalxpress.com/news/2009-02-growth-factor-key-brain-cells.html

(7) Diet modulates brain network stability, a biomarker for brain aging, in young adultsLilianne R. Mujica-Parodi, Anar Amgalan, Syed Fahad Sultan, Botond Antal, Xiaofei Sun, Steven Skiena, Andrew Lithen, Noor Adra, Eva-Maria Ratai, Corey Weistuch, Sindhuja Tirumalai Govindarajan, Helmut H. Strey, Ken A. Dill, Steven M. Stufflebeam, Richard L. Veech, Kieran ClarkeProceedings of the National Academy of Sciences Mar 2020, 117 (11) 6170-6177.

(8) Safety, health improvement and well-being during a 4 to 21-day fasting period in an observational study including 1422 subjects, Wilhelmi de Toledo F, Grundler F, Bergouignan A, Drinda S, Michalsen A (2019) Safety, health improvement and well-being during a 4 to 21-day fasting period in an observational study including 1422 subjects.

2 réponses

  1. Tout le monde commence le fasting pour maigrir, mais en fait c’est tout le corps qui est gagnant ! Je viens de commencer le fasting j’espère pouvoir retrouver une santé de fer 🙂

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